Éclairage public : des villes françaises 100% LED

Une directive européenne stipule que les villes doivent progressivement remplacer leurs éclairages publics obsolètes et polluants. Après Vaucresson dès 2013, Istres en 2014, l’Île de Sein en 2015, Bry-sur-Marne en 2016, la ville de Saint-Mandé est la cinquième commune française à basculer en 100% LED, dont la quatrième dans les faits.

L’éclairage des espaces de circulation, des monuments et bâtiments publics constitue une dépense importante pour les communes. Dès lors, leur facture énergétique est la première à faire l’objet d’économies budgétaires. De plus, les préoccupations environnementales ont pris part au débat. C’est donc une contribution non négligeable au succès de la technologie LED (light-emitting diode) ou diode électroluminescente.

Une lanterne nouvelle génération à Saint-Mandé (94)
Une lanterne nouvelle génération à Saint-Mandé (94)

Économies et Environnement

Depuis 2011, la ville d'Istres, à une cinquantaine de kilomètres de Marseille, adopte un programme ambitieux de remplacement de ses éclairages urbains mettant en concurrence des start-up comme de grands fabricants de candélabres. Au terme de la transition en 2014, 7 500 points lumineux d'extérieur et 9 000 dans les bâtiments et ouvrages publics sont équipés en LED. Ville pilote en matière de recherche d'économies de flux, Istres pourra ainsi économiser 7 M€ nets sur dix ans. La municipalité se félicite de « traquer le moindre gaspillage » au sein de sa politique énergétique.

En 2013, la municipalité de Vaucresson, dans les Hauts de Seine, lance un appel d’offre pour la rénovation complète de l'éclairage public de la ville par une solution 100 % LED télégérée point par point. Spie Ile-de-France Nord-Ouest remporte le marché. Cette solution permettra une baisse significative de la consommation énergétique.  Le contrat, d’un montant de plus de 3 M€ sur une durée de 10 ans, prévoit le renouvellement de 1 177 lanternes par des LED. Ce nouvel éclairage public va ainsi permettre une baisse de 46% de la consommation en énergie électrique de la collectivité qui devient la première collectivité en France à adopter – sur le papier – un éclairage 100% LED.

2014, la ville de Pantin, en Seine-Saint-Denis, entre dans cette évolution en s'angageant à changer la totalité des ampoules de ses 2 879 points lumineux. Le chantier s'étalant sur deux années aura coûté un total 500 000 euros et devrait être amorti sur cinq ans. Pour la municipalité de Patin c'est un « projet exemplaire » dont l'investissement s’inscrit dans une démarche de développement durable.

En 2015, L’île de Sein, dans le Finistère, remplace par des LED son parc de 88 candélabres et leurs ampoules qui composent son éclairage public. Les responsables communaux escompte diviser la facture annuelle par 6 et passer de 54 000 kWh à 7 500 kWh. Particularité : la commune souhaite aussi économiser 16 000 litres de fioul, étant donné que l’île, non raccordée au continent, produit son électricité à l’aide de groupes électrogènes. L’objectif annoncé étant de devenir 100% autonome avant 2030.

Mai 2016, c'est au tour de Bry-sur-Marne, dans le Val-de-Marne de passer au 100% LED. Les investissements d'un total 840 000 € du projet peseront amortis en 4 ans, puisque la ville passera d’un coût annuel de 150 000 à 50 000 € en éléctricité et économisera 140 000 € par an sur les frais de maintenance. En effet, le nouveau matériel LED jugé plus fiable demande moins d'interventions que les ampoules à Sodium Haute Pression. Le maire de Bry, Jean-Pierre Spilbauer précise que ces économies sont loin d’être négligeables, à l’heure où les dotations publics tendent à se réduire. Les LED La municipalité est fier d'un aussi bel investissement sur le long long terme !

En décembre 2016, Saint-Mandé, aux portes de Paris, voit son éclairage public passer intégralement aux LED. Démarré en septembre, le projet se porte sur l’ensemble des lanternes dont 650 points lumineux sont ainsi changés. Le style « époque » de certaines lanternes est néanmoins conservé en version moderne. L’opération à visée économique et écologique est une performance qui fait partie d’un panel d’initiatives de l’équipe du maire, Patrick Beaudouin, en faveur du développement durable : « Notre but est également de diminuer notre consommation d’énergie » précise-t-on à la mairie où l’on est s’enorgueillit d’être « la première ville totalement équipée en LED », du moins en Île de France. Petits bémols : à une vingtaine de kilomètres, Bry-sur-Marne avait déjà bien amorcé son projet ; des changements restent à effectuer sur l’avenue Daumesnil et la chaussée de l’étang, deux voies communes avec le 12e arrondissement de Paris. L’investissement de cet aménagement de la voie publique d’un total de 420 000 €, est subventionné à hauteur de 193 000 € par le Syndicat Intercommunal de la Périphérie de Paris pour les Énergies et les Réseaux de Communication (SIPPEREC). 227 000 € restent en charge pour la ville. Selon les prévisions de la mairie, l’opération devrait être amortie sur 30 à 36 mois. Les économies attendues sont de 80 000 € par an correspondant à la diminution de la consommation d’énergie. Le matériel est garanti 8 ans et l’entretien est pris en charge par le fournisseur durant cette période.

Au premier trimestre 2017, Argenteuil, dans le Val d'Oise, passe à son tour au 100% LED. Objectif : réduire la facture énergétique de 650 000 € par an de 35 à 40 % au moins. Cette mesure concerne 9 000 points lumineux sur deux phases : le remplacement complet d'environ 4 250 lampes devenues vétustes par de nouvelles lanternes avec platine à leds, puis le remplacement de 4 750 ampoules ancienne génération en conservant la lanterne existante.

Plus efficaces, les LED permettent l’éclairage direct des espaces ; la lumière ne se diffuse pas un peu partout comme avec les anciennes ampoules. C’est aussi un certain confort visuel pour la population. En effet, le rendu est plus doux que celui  des ampoules à vapeur de sodium (lumière orangée) ou à mercure (lumière blanche), plus blafardes. De dimensions plus grandes, ces ampoules sont néfastes pour les yeux et très polluantes. Une lampe LED de 80 watts consomme quatre fois moins qu’une lampe à sodium de 265 watts et émet moins de chaleur. Cet un avantage financier et environnemental non négligeable, même si l'investissement de départ peut s'avérer coûteux pour certaines collectivités. Les départements et les communes en ont bien conscience. D'ailleurs, Saint-Aubin-des-Châteaux, bourgade de Loire-Atlantique près de Châteaubriant, s'est récemment équipée de LED à 95%. Les quelques lampes restantes devraient être remplacée d'ici 2020. Poissy, ville du département des Yvelines, s'engage à son tour dans cette démarche avec un ambitieux projet de rénovation totale de l'ensemble de ses bâtiments communaux.

Interdiction et aubaine des collecionneurs

C’est que les municipalités sont poussées par une directive européenne qui interdit, depuis avril 2015, les lampes à vapeur de mercure, une technologie obsolète, extrêmement toxique et polluante, au mauvais rendu et qui pourtant se retrouvait encore dans de nombreux équipements d’éclairage public datant des année 1960.

Cette interdiction changeant la vie nocturne de nos villes et villages fait l'aubaine des collectionneurs de patrimoine urbain. En 2015, Le Parisien table sur le cas d'un jeune passionné : alors âgé de 13 ans, ce collectionneur répondant sur les forums spécialisés sous le pseudonyme de Girardindon, ne s'intéresse pas aux jeux vidéo mais... aux lenternes de rues.  Vu la taille de certaines lampes, sa collection lumineuse affole quelque peu ses parents ! Si vous aussi, le virus de la collection vous envahit, demandez à votre mairie ou à votre communauté urbaine de vous donner du matériel. Ça fait plaisir et évite la casse à ces anciennes lampes. Il y en a aussi dans les brocantes ou sur le web, mais les prix grimpent rapidement. 

Les dix lanternes les plus courantes en France

Si saint-Mandé, Istres ou Pantin se targuent d'être des villes pionnières à suivre, c'est surtout la France entière qui est en marche vers une nouvelle ère des lumières. À l’heure où certaines communes choisissent d’éteindre des points lumineux aux heures creuses de la nuit, d’autres anticipent d’une autre manière leurs économies sur leurs factures d’électricité et l’impact environnemental. Résultat, les municipalités sont de plus en nombreuses à franchir le pas d’une transition complète plutôt que de renoncer à éclairer. D’ailleurs, l’un n’empêche pas l’autre. L’éclairage public est un sujet brillant et des plus populaires, car il touche tout le monde. Il représente plus de 40 % de la facture énergétique d’une commune, donc une partie de nos impôts. En plus d’être un gisement important d’efficacité en terme d’éclairage, le LED est une idée lumineuse pour les économies d’énergie !

Quelques chiffres

Quantitatif

Selon l'ADEME, la France compte 9 M de points lumineux, pour une puissance de 1260 MW ou 1 réacteur nucléaire.

L'éclairage public, c'est 12% de la consommation totale française d'électricité.

C'est aussi 85 000 tonnes de CO2/an, soit 800 fois moins que les transports routiers.

Coût

Le coût moyen de l'éclairage public est de 9,3 €/an/habitant (communes de +500 hab.)
Prix moyen : 0,11 €/kwh

Qualitatif

20/30 ans est l'âge moyen du parc des candélabres en France.

45% des luminaires ont plus de 25 ans avec une perte de flux lumineux vers le ciel.

97 % de ces luminaires nécessitent des interventions techniques fréquentes.

Sécuritaire

91% des français déclarent que l'éclairage public est un gage de sécurité.

Il sont également 91% à ne pas souhaiter l'extinction de l'éclairage public entre 00h00 et 05h00 du matin.

85% souhaitent être consultés par le maire avant toute décision d'arrêt de l'éclairage aux heures creuses de la nuit.

Éco 

69 % des Français plébiscitent des solutions économiques pour moderniser leur éclairage public, comme le remplacement des anciennes ampoules par des LED.

Merci aux Conseils régionaux d'Île-de-France et de Bretagne, à la Communauté de communes Châteaubriant-Derval (44), au Conseil départemental des Bouches-du-Rhône et aux municipalités de Vaucresson (92), Bry-sur-Marne (94), Saint-Mandé (94), lÎle-de-Sein (29) et Istres (13)

Merci aux sites Phozagora.free.fr et EG-EP.com

Merci également à l'ADEME et à Ipsos

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Commentaires: 2
  • #1

    TRIBONDEAU (jeudi, 21 juin 2018 10:17)

    Bonjour, article très intéressant, merci.
    Vous pourriez enrichir votre article avec l'ajout des villes de Pantin et Argenteuil qui sont passées 100% LED en 2017-2018. Sans compter sur Poissy qui travaille sur un ambitieux programme de modernisation de l'ensemble de ses bâtiments communaux.

  • #2

    Stéphane (jeudi, 21 juin 2018 15:26)

    Bonjour,

    Merci de votre intérêt pour cet article et pour vos information. Je viens de l'actualiser.

    Bien à vous,